Les temps sont sombres, le climat pesant. Et être ici à Lyon et aujourd’hui, rassemblé·e·s en intersyndicale et avec des organisations est plus qu’un symbole, c’est un acte de résistance.
Depuis des années, Solidaires se bat contre les idées d’extrême droite, contre le fascisme et tout-es celles ou ceux qui érigent la haine de l’autre, des immigré-es, des musulmans, des juifs, des personnes LGBTQI en étendard, contre celles ceux qui prônent un pouvoir sans limite où l’autoritarisme serait la norme, la justice sociale une façade, et les libertés des exceptions.
Combattre l’extrême droite est pour Solidaires une question de valeurs, qui fait qu’en toute indépendance, nous disons à chaque élection, pas une voix pour l’extrême droite.
Nous sommes rassemblé-es ici après les événements à Lyon, où un militant d’extrême droite est décédé de ses blessures.
Suite à cet événement, la grande majorité des médias et de la classe politique ont choisi de suivre et de relayer le récit victimaire des groupuscules fascistes violents, sans aucune analyse, ni recul, récit qui rendait les antifascistes responsables de tous les maux.
Nous n’oublions pas notre camarade Clément Méric tombé sous les coups de militants néo-nazis armés de poings américains en juin 2013, ni toutes les autres personnes tuées par des gens d’extrême droite.
On a vu, atterré-es il faut le dire, une minute de silence, d’hommage national à l’Assemblée Nationale et au Sénat pour une personne qui était connue comme active dans des groupes d’extrême droite, sans qu’aucune nuance ne soit exprimée.
On a vu des saluts nazis dans une manifestation autorisée par le ministre de l’intérieur dont même les représentants du RN ont évité la fréquentation dans les rues de Lyon, les rues de la résistance au fascisme, la ville où Jean Moulin a été arrêté et torturé par la Gestapo.
La mort d’un homme ne peut et ne doit réjouir personne. Mais instrumentaliser cette mort pour mieux dérouler le tapis aux tenants de l’extrême droite et aux nostalgiques du fascisme, c’est un basculement. Une inversion des valeurs fautive et qui nous donne le devoir de résister encore plus, nous syndicats, comme chaque organisation du mouvement social.
Nos camarades et la population de Lyon subissent au quotidien depuis 15 ans les menaces, les attaques, les violences des groupes d’extrême droite.
L’impunité pour les groupes d’extrême droite doit cesser. Maintenant !
La responsabilité de ce gouvernement est en jeu sur la suite de l’Histoire, qui ne se cantonnera pas aux seuls résultats électoraux.
Nous résisterons pas à pas, avec toutes celles et ceux qui partagent nos valeurs, et l’impératif d’égalité, de liberté et de justice sociale.
Nous refusons la criminalisation de l’antifascisme : il est plus que jamais nécessaire.